L'Afrique innove

« Une première mondiale en Afrique ! »

L’étendue du réseau routier en Afrique est le moins dense au monde. Selon l’AGEPAR (Association des Gestionnaires et Partenaires Africains de la Route), on dénombre 7 Km pour 100 Km², contre 12 Km en Amérique latine et 18 Km en Asie. D’après la même source, seulement 28% de ces routes sont bitumées. Un problème si l’on se fie au célèbre adage : « là où la route passe, le développement suit ». Pire encore quand on sait que 90% du transport des personnes et des biens en Afrique se fait par voie routière. Mais pourquoi je vous parle de route ? Tout simplement parce que la mauvaise qualité des routes africaines a fait émerger un projet fabuleux : le tout premier « aéro-drone » au monde.

Genèse du projet

Révolutionner le système de santé rwandais grâce aux drones, c’est l’objectif que s’est fixée la start-up californienne « Zipline ». Spécialisée dans la conception de drones, elle assure depuis juillet 2016 des livraisons de poches de sang dans les zones reculées du Rwanda. L’idée part d’une problématique logistique appliquée au secteur sanitaire. Le pays des mille collines a hérité d’une topographie particulièrement difficile. Ses hôpitaux situés en zones rurales se trouvent donc quasiment enclavés, ce qui rend les temps de livraison du matériel médical dans ces centres de santé reculés extrêmement long. Pour un cas médical qui nécessiterait une transfusion sanguine, la notion de temps est tout de suite une question de vie ou de mort. Tout l’enjeu pour « Zipline » en collaboration avec une équipe de projet rwandaise, était donc de trouver un moyen de s’affranchir du manque d’infrastructures routières.

Zipline au Rwanda

Des drones pour sauver des vies

Les drones sont un soutien logistique de poids pour le secteur sanitaire du Rwanda. Grace à ces engins, les délais de livraison du matériel médical sont divisés par huit. Et avec les progrès technologiques, les coûts devraient diminuer considérablement au fil des années. Le projet a rapidement séduit les plus grands. Google Venture, Sequoia Partners et Paul ALLEN (Co-fondateur de Microsoft) détiennent déjà des parts du capital de la jeune start-up. La solution dessinée par cette dernière est simple : une base de lancement de drones qui intègre un centre de distribution. Pour le moment seules les poches de sang sont acheminées depuis cette base. Mais à terme, l’entreprise souhaite distribuer des vaccins, des médicaments et des sérums anti-venins. Cette base de lancement imaginée par Keller RINAUDO (Fondateur et PDG de Zipline), est la version zéro de « l’aéro-drone » ou « drone-port » qui sera opérationnel d’ici 2020 à Kigali.

 

Plus qu’un drone-port

Norman FOSTER ! Ce nom vous évoque-t-il quelque chose ? Il ne m’évoquait rien avec que je ne me penche sur la rédaction de cet article. C’est un célèbre architecte britannique, qui notamment imaginer et réaliser le plus grand aéroport du monde, à Pékin ; ainsi que le siège futuriste d’Apple à Cupertino, surnommée «la soucoupe volante ». Son agence « Foster+Partners », en partenariat avec « L’Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne », réalisera ce qui sera une première mondiale : un aéroport pour drones. Mais il ne s’agira pas que d’une piste de décollage. Le site est pensé pour être aussi un pôle de conception de drones, une clinique de soins et un centre de collecte.

De la contrainte à l’opportunité

Pour le docteur Margaret CHAN (directrice générale de l'Organisation mondiale pour la santé), « l'utilisation des drones pour livrer des médicaments essentiels peut compenser le manque d'infrastructures ». Je suis de son avis et je voudrais que l’on s’attarde un moment sur ce qui compte vraiment. J’ai qualifié ce projet de fabuleux pour une raison : parce qu’il transforme une contrainte en opportunité de développement pour l’Afrique. Les nouvelles technologies et le digital ouvrent de belles perspectives de développement pour le continent. Mais si nous ne tenons pas compte de nos spécificités nous perdrons du temps et des ressources. Les technologies sont bonnes en Afrique comme ailleurs. Le plus important reste l’usage qu’on en fait.

Ecrivons notre histoire au numérique,

By SamyAlex !

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